vendredi, avril 28, 2006

Dead or Alive Tea

Il est un mot pour lequel j’ai cherché la signification. Il était aux alentours de cinq heures lorsque ma mère apprenait le coma d’une personne proche. Au vue de ma curiosité, je me suis toujours demandé d’où pouvait venir ce terme. En anglais, coma s’assimile à la virgule, signe de ponctuation supposé annoncer une suite. Est-ce donc cela le coma ? Est-ce l’état de l’attente d’une suite ?

Prenons une phrase simple : « J’aurais aimé vous dire que tout allait bien, »
Bien entendu, vous attendez une suite. Je m’aperçois que le coma français et le coma anglais n’étaient pas si éloignés. En effet, lorsqu’un être chère tombe dans le coma, nous passons nos journées à attendre cette suite. Le coma est un reflet de l’espoir.

Si à l’espoir d’une suite est associé le coma, le point serait-il la fin de la vie ? Et le point d’interrogation que nous usons tous les jours, représenterait-il le purgatoire ? Si cette métaphore a vraiment un sens, les points de suspension témoigneraient de la vie éternelle. Un etcetera deviendrait le sentiment d’une vie après la mort. Ces points de suspension prennent alors une dimension visionnaire et cette idée me plaît. Le trait d’union, ce trait inutile se métamorphoserait en ce tunnel nous guidant vers les cieux, il serait le lien entre la fin de la vie et la vie éternelle. Je ne vois pas de fin, je vois ma vie en trait d’union, n’est-ce pas la plus poétique utilisation de ce signe ?

J’étais fier d’avoir trouvé une approche originale de la ponctuation, il me fallait cependant être certain que j’en étais l’inventeur. Pour cela, je suis allé chercher dans les expressions de la vie courante. Ma déception était immense, je pensais être seul à avoir philosophé sur ces choses idiotes, mais non, ces réflexions étaient utilisées par tous. A qui n’est-il jamais arrivé de mettre sa vie entre parenthèses ? Quelle personne n’a jamais pensé que ses jours avaient un accent de tristesse ? Oui, nous utilisons tous les jours la ponctuation pour qualifier nos sentiments sur la vie. Je n’étais donc pas le rêveur des temps modernes ayant trouvé le lien entre la ponctuation et le cycle de la vie. Mais il y a tout de même une chose positive dans cette réflexion, j’en ai oublié la tristesse du coma et des non-dits sur la mort…

jeudi, avril 20, 2006

Afternoon Tea

Au vue de mes recherches infructueuses en matière de nom de blog, il m'a fallu beaucoup de patience pour creuser ma mémoire et me rappeler des instants les plus agréables que j'ai connu dans mon enfance.

C'est un rayon de soleil à travers une vitre ondulée qui introduisit une vague remontée de souvenirs. Cette vitre, vieillie par les bourasques de vents et les fortes pluies, laissait passer la lumière d'une manière irrégulière. Il arrivait souvent, lors des beaux après-midi de printemps, que le reflet de mon verre d'eau couvre les moulures du plafond de vaguelettes brillantes. Ces mêmes après-midi, j'étais à l'écoute, j'attendais patiemment le bruit annonçant six heures. Je savais que cet instant me différentiait de tous les petits garçons français. Oui, lorsque sifflait la théière, je me sentais anglais.

Le plus délicieux moment de la journée pouvait commencer. Le ballet de la pince dans le sucrier, puis la cascade délicate du lait dans la tasse, pour se terminer par l'écoulement du thé émettant un claquetis de l'eau comparable à une fontaine de jardin. Mes yeux brillaient d'émerveillement. Les deux doigts les plus agiles de ma mère venaient prendre la anse de la tasse pour coller le rebord de celle-ci sur ses lèvres finement pincées. Oui, je pouvais remercier la duchesse de Bedford, cette illustre inconnue, qui se faisait servir secrètement une tasse de thé et des biscuits dans son boudoir. C'est elle qui craignait tellement le ridicule le jour où sa gourmandise a été dévoilée. Pourtant, ce qui paraissait être un pêché a été admis culturellement par toute une société.

Mon verre d'eau faisait acte de tasse. J'imitais tant bien que mal la prise de l'objet tant admiré. Il m'arrivait de souffler sur la surface de l'eau pour entendre le souffle presque infime. Ces images ont peu à peu disparu. Aujourd'hui, il me reste ce rayon de soleil. Oui, il y avait quelques histoires échangées, mais je n'en ai gardé que l'ambiance. Je ne peux vous promettre leur contenu. Seulement, si des idées me viennent, j'essaierais alors de vous raconter une histoire pour votre afternoon tea.